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L’un des deux visuels élaborés par Elise Lambert et Euzhan Gaucher du cabinet d’architecture L’Archiviolette dans le cadre de l’atelier participatif organisé par Biens communs, Alternatiba et Uni.e.s pour le climat qui s’est donné comme objectif d’imaginer ce que pourrait être la place de la République de demain

Une reprise partielle du texte de Michel Moisan paru sur le Facebook de Uni.e.s pour le climat.

ADAPTER LA VILLE AU RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE

Ce jeudi 22 octobre, les associations caennaises Biens Communs et Caen Ouest Saint-Paul Environnement et le collectif Uni.e.s pour le Climat recevaient les medias pour un point presse faisant le point sur des dossiers concernant la végétalisation de Caen.

LE REPORT DE LA REVÉGÉTALISATION DE LA PLACE DE LA RÉPUBLIQUE

Le maire de Caen a annoncé le report des travaux pour la renaturation de la place tout récemment, à l’occasion d’un conseil municipal. L’échéance est maintenant 2030. Les raisons ne sont pas très claires. La question du coût a été mentionnée par le maire. Rappelons que la controverse sur l’avenir de cette place date de 2014, que la municipalité n’a pas replantée les arbres abattus illégalement en 2021 et que le projet de construction d’un nouvel espace commercial sur la place a été abandonné en 2025, remplacé par la promesse de créer un jardin public. Et patatras ! A l’automne 2026, on nous annonce ce jardin… pour 2030 seulement. D’ici là, la parcelle resterait dans son triste état actuel. Visiblement, les mots « urgence climatique » sont inconnus à la mairie de Caen.

L’ABATTAGE DES ARBRES

Le second de ces dossiers est l’abattage massif d’arbres le long du chantier du tram. La mairie de Caen ne dément pas et promet de replanter plus de 800 jeunes arbres. Mais elle feint d’ignorer ce que tous les spécialistes objectent : ces jeunes arbres n’apporteront les bienfaits des arbres matures détruits que dans 30 à 50 ans, pour ceux qui parviendront à se développer. Au lieu d’activer des politiques publiques pour « l’adaptation » au réchauffement climatique, elle agit à contre-emploi, ignorant là encore l’urgence climatique. Car, c’est bien maintenant que nous avons besoin des arbres pour faire face aux canicules récurrentes, et pas dans un demi-siècle. Planter, sans détruire les arbres existants : c’est si difficile à comprendre à la mairie ?

ÉMETTRE PLUS DE CARBONE OU DIMINUER LES ÉMISSIONS ?

Enfin, une information très importante concernant le tram a été donnée lors de cette conférence de presse. En effet, l’asso qui milite contre le tram, après un travail de fourmi qu’il faut saluer, a recalculé l’indicateur officiel servant à qualifier un projet d’utilité publique ou pas. Grosso modo, c’est un indicateur qui agrège les atouts et les inconvénients d’un projet, en les valorisant en euros. Ce recalcul, prenant en compte les travaux (ce que n’avait pas fait Caen la mer alors qu’elle aurait dû le faire) et d’autres paramètres laissés de côté par Caen la mer, et intégrant les seules données officielles, aboutit à une valeur négative de l’indicateur, ce qui justifie le retrait de la qualification d’utilité publique. La justice administrative dira ce qu’elle en pense. Evidemment, c’est un élément nouveau et décisif pour les détracteurs du projet.

Pour nous, qui militons pour préserver le climat, le plus important, peut-être, est une info sur un élément de ce recalcul : les émissions de carbone. Elles sont non négligeables dans la phase travaux et, selon la maîtrise d’ouvrage elle-même (Caen la mer), le surcroît d’émissions de carbone causé par les travaux ne sera compensé par des économies de carbone permises par le report voiture individuelle vers tram que 49 ans après la mise en service. Pourquoi si tard ? Parce que ce report sera modeste étant donné la faible fréquentation attendue sur les deux nouvelles lignes. Bref, voilà un projet qui émet du carbone et reporte très loin dans le temps la neutralité carbone. Nous demandons à Messieurs Joyau, président de Caen la mer, et Olivier, maire de Caen, s’ils assument un tel choix, radicalement opposé à l’impératif climatique. Nous sommes impatients de lire leur réponse.

A quelques jours de l’ouverture de la COP31 en Turquie, la défaillance des Etats qui avaient promis d’agir contre le réchauffement climatique saute aux yeux.

Hélas, on s’aperçoit que des décideurs locaux, comme à Caen la mer, font preuve, à leur échelle, d’une irresponsabilité égale.