Les raisons pour lesquelles ce projet doit être impérativement abandonné
- Le projet initial posait une série de problèmes graves
– au point de vue environnemental :
la construction d’un parking souterrain à cet endroit alors que les nappes phréatiques affleurent à moins de 2 mètres de la surface et que les nombreux autres parkings souterrains contraignent déjà énormément les 2 cours d’eau souterrains Odon et Noé, renforçait les risques d’inondation dans toute cette zone.
La construction sur toute la parcelle aggravait l’imperméabilisation du centre ville déjà très minéral avec la création d’un îlot de chaleur du fait de l’abattage des arbres et de la minéralisation de la partie est de la place.
– au point de vue patrimonial :
alors que le code du patrimoine impose de préserver les abords des monuments historiques, la construction prévue fragilisait les monuments historiques avoisinants, notamment ceux construits sur pilotis.
– au point de vue économique :
la création d’un nouveau centre commercial ne peut qu’aggraver les difficultés des commerces existants à proximité (petits commerces mais aussi centre Paul Doumer en grande partie déserté, Rives de l’Orne en difficulté, C&A, Pathé … ).
Et surtout la vente implique la perte de tout contrôle de la Ville et de ses habitants sur ce terrain.
– au point de vue démocratique :
le maire a toujours refusé de consulter les habitants quant à ce qu’ils souhaitent sur la place. Il y a eu seulement une « concertation » (ce qui est totalement différent d’une consultation) organisée par un cabinet privé (« Respublica ») et uniquement à propos de la partie est de la place (conçue comme parvis du futur centre commercial ), il était totalement exclu de poser quelque question que ce soit concernant sa partie ouest sur laquelle devait être édifié le bâtiment.
- Le nouveau projet ne résout à peu près rien (hormis l’abandon des 4 niveaux de sous-sol qui étaient à l’évidence voués à la catastrophe).
En effet la location de la parcelle pour 98 ans prive la Ville et ses habitants de tout contrôle effectif sur un terrain situé en plein centre pour près d’un siècle !
La question environnementale n’est pas résolue malgré la prétendue revégétalisation annoncée, l’ilot de chaleur subsiste, le risque pour les monuments historiques avoisinants également.
La pertinence économique de l’opération au regard tant de la crise actuelle que des évolutions prévisibles des habitudes de consommation apparaît plus qu’incertaine.
L’intérêt de la Ville et de ses habitants est sacrifié aux intérêts des promoteurs.
Le maire ne fait aucun cas des demandes répétées des habitants pour une véritable consultation, il considère que seuls les élus sont capables de décider.
- ce qui pose plus spécifiquement problème
*d’abord le BEA :
avec cette privatisation pour 98 ans, le promoteur fera ce qu’il veut de la parcelle !
Le bail ne prévoit pratiquement pas de contrôle de la Ville sur la gestion du terrain, on n’y trouve pas de clause garantissant que l’intérêt général soit effectivement sauvegardé au cours de cette gestion et de cette occupation du terrain pendant près d’un siècle par des opérateurs privés.
La moitié de la place échappe ainsi au contrôle des habitants
* la pénalité de 1,6 millions d’euros versée par la Ville :
– soit parce que le permis de construire fait l’objet d’un recours et que la ville refuse de régulariser le bail du fait du recours, (hypothèse où le bail n’est pas encore signé car le permis n’est pas définitif et où la ville abandonne le projet sans attendre la fin des recours)
– soit parce que après avoir signé le bail, la Ville abandonne le projet
Et si, hypothèse improbable, c’est le promoteur qui abandonne le projet au moment de signer le bail alors que les conditions de la signature sont réunies, c’est le promoteur qui devra 1,6 million d’euros à la Ville.
* la bétonisation de l’essentiel de la parcelle,
la revégétalisation est très limitée et ne permet pas de restituer un îlot de fraîcheur à cet endroit déjà très minéral. Le projet est totalement inadapté au regard du changement climatique dont on sait désormais qu’il est plus rapide que prévu.
Or ce qui est envisagé en termes de replantation d’arbres (et pas simplement d’arbustes ou d’herbes) est extrêmement limité si l’on suit le plan joint à l’avis des domaines (voir en annexe) : il s’agit du triangle au pied des appartements de luxe au-dessus de la Poste : 15 arbres plantés à l’intérieur du triangle, les 5 arbres le long de la rue Auber existent déjà. Le plan qui figure en fin de la délibération montre cependant une replantation des arbres le long de la rue Saint Laurent. Or la Ville en a abattu et/ou transplanté 49.
Sur la partie construite, il semble qu’il y aura quelques espaces extérieurs au niveau 2 avec présence d’arbustes sans doute en pot, mais il ne pourra pas y avoir d’arbres de haute tige
Le long de la rue Jean Eudes, la Ville prévoit une végétalisation sur environ 2 mètres de large, mais pas d’arbres supplémentaires.
* sur le plan économique
c’est un projet inadapté au regard de la crise actuelle :
les espaces de co-working sont déjà nombreux à Caen et dans les environs, les restaurants aussi et les difficultés des centres commerciaux existant en centre ville (centre Paul Doumer, rives de l’Orne, Galeries Lafayette, Monoprix) seront aggravées par les enseignes prévues dans ce nouveau bâtiment sans aucun profit pour le dynamisme du coeur de ville déjà grevé de bâtiments vides.
Qu’adviendra-t-il de la halle de 1800m2 et de sa rentabilité ? Qui en sera l’opérateur ? Les promoteurs pourront céder leur bail, ils peuvent aussi louer des emplacements, il est donc tout-à-fait possible que la fameuse « halle gourmande » soit en réalité installée et gérée par une chaîne comme cela se fait déjà dans plusieurs villes à l’identique
* enfin sur le plan démocratique
le maire refuse toujours de prendre en considération les demandes des habitants, alors que beaucoup réclament la replantation de la parcelle. Il n’envisage qu’une vague concertation sur le nouveau projet et s’oppose à toute consultation officielle des Caennais.e.s
En outre, mairie et promoteurs entretiennent la confusion sur la teneur exacte du projet présenté comme « halle gourmande » alors que les plans montrent qu’il s’agit en réalité d’un centre commercial avec bureaux et « halle de produits que le maire « espère locaux »… ce qui est très différent d’un marché couvert souvent réclamé par la population (et qui pourrait parfaitement se concevoir ailleurs que sur cette place)
