Historique du projet place de la République
depuis 2015 jusqu’à 2023
Le projet de halle gourmande figurait déjà dans la campagne des municipales de Joël Bruneau en 2014 mais il a pris de l’ampleur après une étude confiée à un cabinet privé concernant la revitalisation du centre ville de Caen, puis un appel à projet lancé par la mairie.
Le projet retenu en octobre 2016 est celui de SEDELKA associé au Printemps de Caen et consiste à construire sur pratiquement toute la partie ouest de la place de la République (soit 5200m2) un complexe de près de 19 200m2 de surface de plancher dans lequel une halle gourmande occupe une toute petite partie (8%), le reste étant composé de commerces et d’espaces de coworking, avec en plus 4 niveaux de sous sol dont 3 de parking souterrain.
La mairie décide également à cette époque de vendre le terrain au promoteur, ce qui implique de le rendre d’abord inaccessible au public (opération nécessaire pour faire passer un bien du domaine public de la ville à son domaine privé sans quoi elle ne peut pas le vendre)
C’est la raison pour laquelle le terrain est enfermé derrière des palissades depuis décembre 2016.
Et puisqu’il s’agit de livrer au promoteur le terrain débarrassé de ses arbres, le maire demande au préfet l’autorisation d’abattre les arbres sous prétexte de fouilles à réaliser (des fouilles pourtant inutiles car déjà effectuées après guerre).
Cette autorisation est accordée par le préfet (une 1ère fois en janvier 2018, puis retirée à la suite d’un recours que nous avons formé mais à nouveau accordée en février 2019).
Et le 25 juin 2018, le conseil municipal autorise le maire à signer la promesse de vente du terrain pour la somme modique de 5,2 millions d’euros fixée par le promoteur lui-même et avalisée par les Domaines. Le cahier des charges ne permet pas à la Ville de contrôler quoi que ce soit alors qu’elle prend à sa charge toute une série de dépenses qui devraient incomber au promoteur.
Parallèlement à tout cela, des travaux très importants ont été effectués sur la partie est de la place, relookée pour assurer une meilleure visibilité au futur centre commercial… Ces travaux ont conduit là aussi à supprimer des arbres et à minéraliser complètement le sol. De même une cuve de 5000m3 a été installée sous le barreau République en prévision de la construction du futur bâtiment sur la partie ouest.
Réélu en mars 2020 après avoir annoncé qu’une salle du cinéma Lux serait intégrée au projet (sans que les dirigeants du Lux en aient été informés…), le maire est finalement passé brutalement à l’action alors que des appels étaient en cours notamment contre l’autorisation d’abattage : le 23 février 2021 il a fait abattre 45 tilleuls sur la partie ouest au prétexte que ces arbres étaient malades, contrairement à ce qu’indique le rapport de l’ONF. Cette opération menée au petit matin aux frais de la Ville et à grand renfort de forces de police a soulevé beaucoup de critiques y compris dans sa majorité. Il a ensuite fait transplanter, toujours aux frais de la Ville 4 autres tilleuls. Il y a donc eu 49 tilleuls de plus de 60 ans qui ont été enlevés sur la partie ouest de la place.
Moins d’un an plus tard la Cour administrative d’appel de Nantes nous a donné raison dans son arrêt du 18 janvier 2022 : l’autorisation d’abattage est illégale, la construction du bâtiment initialement prévue est impossible notamment parce que le maire n’a pas fait procéder à une évaluation environnementale obligatoire sur ce type de projet avant d’abattre les arbres.
Depuis l’arrêt de la Cour de Nantes qui l’a manifestement déstabilisé, le maire a annoncé à plusieurs reprises qu’un nouveau projet était à l’étude. Le 25 octobre 2022 c’est le promoteur SEDELKA qui a annoncé lui-même dans la presse le contenu (encore très vague) du nouveau projet : construction sur 2000m2 de surface au sol d’un bâtiment comportant une halle gourmande au rez-de-chaussée et une crèche, une salle de bien-être ou de sport, des commerces à l’étage.
C’est seulement le 27 mars 2023 qu’un nouveau projet, beaucoup plus ambitieux, est présenté au conseil municipal dont la majorité l’adopte malgré les critiques de l’opposition.
